Déclaration sur la liberté universitaire

Déclaration sur la liberté universitaire

L’ACBES/CAPAL estime que la liberté universitaire est un droit fondamental et une responsabilité essentielle de tous les bibliothécaires universitaires professionnels qui travaillent dans les communautés universitaires. La liberté universitaire est une nécessité fondamentale pour la poursuite de la vérité, le progrès de l’apprentissage et la diffusion du savoir et l’accès non censuré à l’information dans une société démocratique. La liberté universitaire est le principe directeur, « l’essence même » de ce qui constitue le travail des bibliothécaires universitaires professionnels. Nous avons pour mission de promouvoir, de faire évoluer et de soutenir la profession de bibliothécaire universitaire pour l’avancement de la recherche, de l’enseignement et de l’apprentissage dans des établissements postsecondaires agréés, et de défendre les intérêts professionnels de nos membres.

L’ACBES/CAPAL définit la liberté universitaire au sens le plus large du terme. Elle comprend et reconnaît les principes de la liberté d’expression comme prévu dans la Charte canadienne des droits et libertés et de la liberté intellectuelle telle que définie dans la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies dont le Canada est signataire. De plus, l’ACBES/CAPAL soutient et approuve pleinement la signification de ce qui constitue la liberté universitaire au sein de la profession et des communautés universitaires, telle que définie par l’ACPPU.
https://www.caut.ca/fr/au-sujet/politiques-generales-de-l-acppu/lists/politiques-générales-de-l’acppu/énoncé-de-principes-de-l’acppu-sur-la-liberté-académique

La définition de la liberté universitaire de l’ACBES pour les bibliothécaires universitaires professionnels canadiens est façonnée par le discours culturel et politique contemporain du milieu dans lequel nous travaillons dans nos communautés locales, régionales, nationales et internationales. Les bibliothécaires universitaires cultivent, conservent, facilitent et soutiennent la diffusion des connaissances au sein des communautés universitaires. La liberté universitaire s’inscrit dans ce discours comme un principe fondamental qui guide les activités professionnelles des bibliothécaires universitaires.

Pour ces raisons, l’ACBES/CAPAL affirme que la liberté universitaire des bibliothécaires universitaires professionnels canadiens comprend ce qui suit :

  1. La liberté universitaire est la liberté d’exprimer, de communiquer, d’enquêter, d’examiner, de questionner, d’enseigner et d’apprendre, dans des contextes privés ou publics, même lorsque ces idées s’opposent au point de vue des organes d’autorité, aux perspectives religieuses, sectaires ou politiques. Cette liberté de recherche, d’enseignement et d’apprentissage est essentielle et concerne tous les domaines des activités professionnelles, des services et des travaux d’érudition des bibliothécaires.
  2. La liberté universitaire englobe le droit de poursuivre et d’être éligible aux subventions aux instituts de recherche et de demander un soutien pour s’intéresser à des sujets ou à des perspectives de recherche considérés comme non conventionnels, peu orthodoxes ou controversés, sans menaces de censure, de proscription ou de doctrines institutionnelles.
  3. La liberté universitaire est la liberté d’explorer ouvertement et librement des sujets dans le cadre d’études et d’activités créatives professionnelles pouvant ou non être directement liées à leurs responsabilités professionnelles, à la bibliothéconomie ou aux sciences de l’information, et par la suite, de publier ou de rendre publics les résultats de ces recherches et activités.
  4. L’ACBES/CAPAL soutient l’expertise et la spécificité des sujets et reconnaît la nécessité pour les bibliothécaires universitaires de se spécialiser dans divers domaines, afin de garantir que les travaux d’érudition répondent à des normes élevées en matière de recherche et d’éthique.
  5. La liberté universitaire est l’absence de censure institutionnelle et le droit de communiquer des idées et des préoccupations qui s’opposent, remettent en question ou transgressent les politiques et les opinions institutionnelles. L’exercice de la liberté universitaire ne doit jamais servir de motif de discipline ou de licenciement.
  6. La liberté universitaire n’exige pas de neutralité de la part de l’individu et n’empêche pas un engagement de sa part. Plutôt, la liberté universitaire rend ces engagements possibles. Elle favorise la diversité, les différentes perspectives, les idées et les opinions sans persécuter ni intimider les personnes qui les expriment ou les représentent ouvertement, et sans imposer d’injustices sociales aux autres. Les responsabilités de la liberté universitaire incluent le respect des opinions d’autrui.
  7. La liberté universitaire exige que les bibliothécaires participent à la gouvernance partagée à tous les niveaux de l’établissement et de la bibliothèque universitaire. La liberté universitaire permet un engagement critique sur les questions professionnelles, permet de discerner quand les pratiques exemplaires et les valeurs professionnelles ont été enfreintes et sert de contrepoids important aux prérogatives et initiatives administratives.
  8. La liberté universitaire exige que les bibliothécaires aient les mêmes politiques en matière de liberté universitaire, de titularisation, de gouvernance partagée et d’évaluation par les pairs que le corps professoral dans les conventions collectives du lieu de travail. Il est essentiel pour les bibliothécaires de s’assurer que les conventions collectives ne transgressent pas les libertés et les droits actuellement inscrits dans la Charte canadienne des droits et libertés et dans la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies.
  9. La liberté universitaire est une responsabilité essentielle et fondamentale des bibliothécaires universitaires professionnels dans le cadre de leurs activités professionnelles et de leurs travaux d’érudition. Cela signifie que les bibliothécaires universitaires doivent être particulièrement prudents et conscients de la facilité avec laquelle la liberté universitaire peut être érodée dans le contexte des technologies modernes et des attitudes politiques changeantes concernant la recherche, l’enseignement et les milieux d’apprentissage. Pour ces raisons, l’ACBES estime que les bibliothécaires universitaires doivent :
    a) Démontrer du leadership dans le maintien, le soutien et la promotion de la liberté universitaire au sein de leurs communautés.
    b) Enlever les obstacles ou les barrières (visibles ou invisibles, à l’écrit et à l’oral) dans leur milieu universitaire pouvant entraver la poursuite de la liberté universitaire, l’avancement de l’apprentissage, la recherche et la diffusion non censurée des connaissances en dépit des différences sectaires, politiques ou religieuses.
    c) Démontrer du leadership et un soutien collégial aux individus, aux collègues professionnels, au corps professoral et aux étudiants dans leur droit à la liberté universitaire.
    d) Démontrer du leadership dans la création de milieux où la liberté universitaire est comprise, encouragée et valorisée à tous les niveaux de la communauté universitaire.

L’ACBES/CAPAL :

  • Reconnaît la liberté universitaire comme une liberté fondamentale, une exigence et une protection nécessaire pour les bibliothécaires universitaires professionnels.
  • Estime que les bibliothécaires universitaires ont le droit à la liberté universitaire et, en même temps, la responsabilité de la défendre.
  • Estime que les établissements d’enseignement postsecondaire canadiens financés par les fonds publics ont la responsabilité de soutenir, de maintenir et de préserver le principe de la liberté universitaire pour les bibliothécaires universitaires, pour le bien de leurs communautés et l’amélioration de la société.

DÉCLARATION SUR LA LIBERTÉ UNIVERSITAIRE POUR LES BIBLIOTHÉCAIRES UNIVERSITAIRES (2016-04); AGA ACBES/CAPAL APPROUVÉE, 2016-05-30

Voir cet article en: Anglais